Pourquoi les casinos sont-ils devenus l’un des décors préférés du cinéma ?

Les critères pour les joueurs Francophones du casino en ligne

Une table verte, quelques jetons, des regards qui se croisent et, quelque part hors champ, beaucoup trop d’argent en jeu. Pour un réalisateur, difficile de demander mieux. Le casino possède cette qualité assez rare : avant même qu’un personnage ouvre la bouche, le spectateur comprend qu’il peut gagner quelque chose, perdre beaucoup, mentir ou se faire démasquer.

C’est probablement pour cela que le cinéma y revient avec autant de plaisir. De Casino Royale à Ocean’s Eleven, en passant évidemment par Casino de Martin Scorsese, les salles de jeu ne servent presque jamais de simple décoration. Elles deviennent des machines à fabriquer du suspense, du glamour et des personnages.

Une table de poker est déjà une petite scène de cinéma

Prenons Casino Royale, sorti en 2006. Le principe de la grande partie de poker est presque absurdement simple : Le Chiffre, interprété par Mads Mikkelsen, doit récupérer de l’argent perdu. James Bond doit l’en empêcher. Une bonne partie du conflit se déroule donc autour d’une table.

Et pourtant, la séquence fonctionne comme une scène d’action.

Martin Campbell filme les mains, les jetons, les cartes, mais surtout les visages. Bond observe Le Chiffre. Vesper observe Bond. Le spectateur tente d’observer tout le monde. Chaque geste peut trahir quelque chose. La partie de Texas Hold’em devient finalement une bataille psychologique avec des cartes à la place des armes.

Le site officiel de James Bond rappelle d’ailleurs que ce tournoi à hautes mises organisé au Monténégro constitue le cœur même du plan de Le Chiffre. Le tournage a notamment eu lieu à Karlovy Vary et Prague, en République tchèque.

Le casino offre ainsi aux réalisateurs une chose précieuse : du suspense dans un espace très réduit. Pas besoin de faire exploser trois hélicoptères. Un homme pousse ses jetons au centre de la table et, soudain, toute la salle semble retenir son souffle.

Le glamour, évidemment. Mais un glamour très pratique

Le cinéma adore aussi les casinos parce qu’ils sont immédiatement photogéniques. Costumes, robes de soirée, lustres, verres, tables impeccables, architecture extravagante… Tout semble avoir été conçu pour entrer dans un cadre de cinéma.

James Bond l’a compris depuis longtemps. Le casino correspond parfaitement à son univers. C’est un endroit élégant mais dangereux, où l’argent circule rapidement et où personne n’est exactement ce qu’il prétend être.

Ocean’s Eleven exploite encore mieux cette dimension. Le Las Vegas de Steven Soderbergh n’est pas seulement une ville. C’est presque un personnage. Danny Ocean et son équipe veulent braquer trois casinos, mais le plaisir du film vient autant du casse que de l’environnement dans lequel il se déroule : surveillance, coffres, couloirs privés, salles remplies de joueurs et gigantesques hôtels.

Le casino permet ainsi de passer naturellement du spectaculaire à l’intime. On peut montrer une salle immense puis couper vers deux personnages assis face à face. Le décor reste cohérent. Et visuellement, il y a toujours quelque chose qui bouge derrière eux.

Chez Scorsese, le casino devient un organisme vivant

Avec Casino, sorti en 1995, Martin Scorsese va beaucoup plus loin. Il ne filme plus seulement les joueurs. Il démonte la machine.

Sam « Ace » Rothstein, joué par Robert De Niro, est inspiré de Frank « Lefty » Rosenthal, figure réelle du Las Vegas des années 1970. Le Tangiers du film est fictif et s’inspire notamment du Stardust. Pour donner au film cette impression de réalité permanente, Scorsese a tourné une partie importante des scènes au Riviera, véritable casino de Las Vegas.

Le plus amusant est que le casino continuait en partie à fonctionner pendant le tournage. Scorsese expliquait que les véritables joueurs, les cris et le bruit des machines apportaient une énergie impossible à recréer totalement en studio.

Et cela se voit. Dans Casino, l’argent semble littéralement circuler dans l’image. Il arrive aux tables, passe aux caisses, disparaît dans les coulisses. Le casino devient un système avec ses règles, ses employés, ses surveillants et ses zones interdites.

C’est là que le décor révèle une autre force : il raconte immédiatement la hiérarchie. Celui qui joue 20 dollars n’occupe pas le même monde que celui qui pose une fortune sur la table. Celui qui distribue les cartes n’a pas le même pouvoir que celui qui surveille la salle depuis une pièce cachée.

Du tapis vert aux paris sportifs sur smartphone

Cette fascination pour le risque n’a d’ailleurs pas disparu avec la numérisation du jeu. Elle s’est simplement déplacée vers d’autres écrans. Les paris sportifs légaux en ligne, par exemple, transforment eux aussi un événement en succession de probabilités, de décisions et de retournements. En France, ils peuvent être proposés sur Internet par des opérateurs disposant d’un agrément de l’Autorité nationale des jeux (ANJ), qui publie la liste des plateformes autorisées et encadre également les compétitions et types de résultats pouvant servir de supports aux paris. Le principe narratif n’est finalement pas si éloigné du cinéma de casino : attendre, analyser, anticiper, puis découvrir si l’histoire prend réellement la direction imaginée.

Le jeu révèle les personnages beaucoup plus vite qu’un dialogue

C’est peut-être le grand secret des casinos au cinéma. Ils permettent de caractériser quelqu’un sans longue explication.

Comment un personnage joue-t-il ?

Prudemment ? Agressivement ? Est-il capable de perdre sans broncher ? Regarde-t-il ses cartes ou son adversaire ? Triche-t-il ? Prend-il un risque stupide uniquement parce que son ego lui interdit de reculer ?

En quelques minutes, une table peut raconter énormément de choses.

Dans Casino Royale, Bond est brillant mais pas invulnérable. Il peut mal lire son adversaire et perdre. C’est essentiel pour cette nouvelle incarnation du personnage introduite avec Daniel Craig : derrière l’assurance et le smoking, il reste un homme capable de se tromper.

Dans Casino, c’est encore différent. Ace ne représente pas le joueur emporté par le hasard. Il représente celui qui croit pouvoir contrôler le système. Son obsession de l’ordre devient une clé de lecture du personnage. Et lorsque sa vie privée échappe progressivement à ce contrôle, le contraste devient presque cruel.

Un décor où tout le monde regarde tout le monde

Il existe enfin une raison très cinématographique au succès des casinos : ce sont des lieux fondés sur l’observation.

Les joueurs surveillent les autres joueurs. Les croupiers observent les tables. La sécurité regarde les clients. Les caméras regardent tout le monde.

Pour un réalisateur, c’est un cadeau.

Un simple échange de regards peut devenir une scène. Une caméra de surveillance peut changer le point de vue. Un personnage peut croire qu’il agit discrètement alors que le spectateur sait déjà qu’il est observé.

C’est particulièrement efficace dans les films de braquage. Le casino semble ouvert, lumineux, presque accueillant, mais il est en réalité extrêmement contrôlé. Le héros doit donc accomplir quelque chose d’impossible au milieu d’une foule, sous des centaines de regards. Voilà un paradoxe parfait pour construire un scénario.

Le casino, cette formidable usine à histoires

Le cinéma pourrait évidemment se passer des casinos. Mais ce serait dommage. Peu de décors réunissent aussi naturellement l’élégance, l’argent, le risque, la surveillance, la psychologie et le spectacle.

Scorsese y voit une société miniature. Soderbergh en fait un immense terrain de jeu. Martin Campbell transforme une partie de poker en duel.

Et c’est probablement la raison pour laquelle le casino résiste si bien aux époques. Les modes changent, les technologies aussi, mais quelques cartes posées sur une table suffisent encore à créer une question extrêmement simple.

Qui va gagner ?

Au cinéma, c’est souvent tout ce dont on a besoin pour rester assis jusqu’à la dernière carte.