Le film « 196 mètres / Alger » du réalisateur Chakib Taleb-Bendiab représentera l’Algérie aux Oscars

Film Alger de Chakib Taleb Bendiab

Chakib Taleb-Bendiab, le réalisateur du film « Alger », espère que son œuvre saura convaincre l’Académie des Oscars.

Après avoir remporté de nombreux prix dans des festivals internationaux, le film « Algiers » ou « 196 mètres » a été sélectionné pour représenter l’Algérie aux prochains Oscars. 

C’est une nouvelle qui a résonné comme une véritable victoire pour le cinéma algérien. Le film « Algiers » ou « 196 mètres », réalisé par Chakib Taleb-Bendiab, a été choisi pour représenter l’Algérie à la prochaine cérémonie des Oscars. Une reconnaissance internationale pour ce long-métrage qui a déjà séduit les festivaliers du monde entier. Depuis sa sortie en 2024, le film n’a cessé de collectionner les récompenses. Le film, dont le tournage a débuté à Alger en 2022, a déjà fait parler de lui en remportant récemment le grand prix du Festival international de cinéma du Rhode Island aux États-Unis, où il a été présenté en avant-première mondiale. Aujourd’hui, c’est au tour de l’Académie des Oscars de se pencher sur cette œuvre singulière, qui aborde avec finesse les questions de l’immigration et de l’identité.

Chakib Taleb-Bendiab, le réalisateur d' »Algiers », ne cache pas sa fierté et son émotion face à cette sélection. « C’est un véritable honneur pour moi et toute l’équipe du film d’être choisis pour représenter l’Algérie aux Oscars, confie-t-il. Cela montre que notre travail a su toucher un public au-delà de nos frontières et que le cinéma algérien a toute sa place sur la scène internationale. »

Alger : Un thriller psychologique

« 196 mètres/Algiers » nous plonge dans les méandres d’une enquête policière sur l’enlèvement de Manel, une jeune fille kidnappée au cœur d’Alger, dans un quartier populaire. Le titre du film fait référence à la distance qui sépare le lieu de l’enlèvement et celui où le corps est retrouvé, une donnée qui devient le fil conducteur d’une intrigue complexe et haletante.

L’enquête est menée par Samy, un inspecteur de police interprété par Nabil Asli, et Dounia, une psychologue jouée par Meriem Medjkane, qui unissent leurs compétences pour retrouver Manel et élucider une série de disparitions inquiétantes. Le réalisateur Chakib Taleb-Bendiab parvient à maintenir la tension tout au long du film, laissant le spectateur dans le doute jusqu’au dénouement final. Le scénario, habilement construit, offre également une réflexion poignante sur les traumatismes du passé et leur impact sur le présent.

Le casting de « 196 mètres/Algiers » est à la hauteur des attentes. Ali Namousse, Hichem Mesbah, Meriem Medjkane, Nabil Asli et Slimane Bounouari  livrent des performances convaincantes, incarnant avec justesse des personnages profondément humains, aux prises avec leurs propres démons.

Le personnage de Samy, l’inspecteur de police, se révèle tourmenté par des blessures du passé, tandis que Dounia, la psychologue interprétée par Meriem Medjkane, apporte une perspective analytique à l’enquête. Elle cherche à comprendre les motivations des ravisseurs, dans une quête pour percer le mystère de la disparition de Manel.

Les comédiens parviennent à donner vie à ces rôles complexes, offrant au spectateur une plongée saisissante dans les enjeux émotionnels de cette intrigue policière. Leur jeu nuancé contribue à la force dramatique du film car tissant une trame narrative captivante.

Un casting réussi pour le film Alger sélectionné aux Oscars

Le casting, véritable vitrine du talent algérien, réunit des acteurs reconnus tels que Hichem Mesbah, Meriem Medjkane, Ali Namousse, Nabil Asli, Chahrazed Kracheni et Slimane Bounouari. Chacun apporte sa touche unique à cette œuvre, créant une synergie qui contribue à la force narrative du film.

Hichem Mesbah, Meriem Medjkane, Ali Namousse, Nabil Asli, Chahrazed Kracheni et Slimane Bounouari dans le film Algiers de Chakib Taleb Bendiab

Chakib Taleb-Bendiab, né en 1982, n’en est pas à son coup d’essai dans le monde du cinéma. Avant ce long-métrage, il s’était déjà fait remarquer avec plusieurs courts-métrages, dont le documentaire « Averroès, un lien civilisationnel » (2011), « Sang froid » (2013) et « Black spirit » (2018). Ce dernier avait notamment été récompensé au Japon, remportant le Programmers Delight Award du Festival international du court-métrage de Sapporo en 2018. Cette expérience dans le format court a sans doute nourri son approche du long-métrage, lui permettant de maîtriser l’art de la narration concise et percutante.

La sélection de « 196 mètres/Algiers » pour les Oscars s’inscrit donc dans un processus rigoureux. La Commission algérienne de sélection, chargée par l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS) et placée sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts, en collaboration également avec le Centre Algérien de Développement du Cinéma (CADC), a choisi ce film parmi les productions nationales éligibles. Cette décision souligne la qualité du film et sa capacité à représenter le cinéma algérien sur la scène internationale.

Le parcours du film Alger aux Oscars est encore long pour rejoindre la liste définitive

Le parcours du film aux Os​cars est encore long, selon les journaux et médias algériens. La liste des films internationaux retenus pour entrer en lice dans cette catégorie sera annoncée le 17 décembre prochain. Elle sera suivie d’une liste définitive de 5 films le 17 janvier 2025, qui concourront pour le prix final. Le vainqueur sera annoncé le 3 mars 2025 lors de la cérémonie des Oscars.

La sélection de « 196 mètres/Alger » pour les Oscars est une reconnaissance importante pour le cinéma algérien. Elle témoigne de la vitalité de cette industrie et de sa capacité à produire des œuvres de qualité internationale. Le film de Taleb-Bendiab, en abordant des thèmes universels à travers un prisme local, démontre que les histoires algériennes peuvent résonner bien au-delà des frontières nationales. 

Mais la véritable consécration serait bien sûr une statuette aux Oscars. « C’est un rêve que nous caressons tous, confie le réalisateur. Être sélectionné pour représenter l’Algérie est déjà une immense fierté, mais nous allons tout faire pour aller le plus loin possible dans cette compétition. » Chakib Taleb-Bendiab et son équipe savent que la concurrence sera rude, mais ils sont déterminés à relever ce défi.

Quoi qu’il en soit, la simple sélection d' »Alger » ou « 196 mètres » pour représenter l’Algérie aux Oscars est déjà une victoire en soi pour le cinéma algérien. « C’est une reconnaissance qui va au-delà du film lui-même, estime en outre Chakib Taleb-Bendiab. C’est toute une industrie cinématographique qui est mise en lumière, avec ses talents, ses ambitions et aussi sa créativité. » Une belle opportunité pour le cinéma algérien de se faire notamment connaître sur la scène internationale.

Qui est le réalisateur Chakib Taleb-Bendiab ?

Chakib Taleb-Bendiab est un réalisateur et scénariste algérien reconnu pour avoir relevé le défi de réaliser des thrillers dans un contexte où ce genre était considéré comme difficile à produire en Algérie. Il s’est fait connaître pour ses courts métrages comme Black Spirit et son premier long-métrage, un thriller sorti en 2024. Ses œuvres abordent des thématiques sombres, souvent inspirées par la violence et les disparitions d’enfants, tout en étant influencées par le cinéma asiatique, notamment japonais et coréen.

Bande annonce du film « Alger » sorti en salle en France